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mercredi 11 avril 2012

Stellar Wind ou comment les États-Unis espionnent Internet...


Vous souvenez-vous du réseau Echelon qui espionne les télécommunications et les courriers électroniques de toute la planète en fonction de mots clés ? Ce système, piloté par Washington, inclut les participations également du Canada, du Royaume-Uni et de l’Australie. Eh bien Echelon, c’était une « petite brise de mer » par rapport à Stellar Wind. Avec ce projet l’espionnage des communications mondiales va passer au stade industriel. Et cette fois, la NSA refuse de partager les informations recueillies avec quiconque. Stellar Wind est au profit du complexe militaro-industriel américain, et de lui seul. Le projet a été voté par le Congrès en 2008 sous Georges W. Bush, malgré l’opposition du ministère de la Justice qui jugeait Stellar Wind inconstitutionnel. En effet, il s’agit d’espionner toutes les communications qui entrent aux USA, mais aussi à l’intérieur, donc de légaliser la surveillance permanente de la population américaine. Grâce à quelques astuces législatives le projet fut néanmoins voté relativement discrètement. Le principe de base est assez simple. Il s’agit de surveiller au moyen du DPI (Deep Packet Inspection) tout ce qui passe par le réseau. Le système fonctionne à deux niveaux. Soit comme Echelon à partir d’un système de mots clés : dès que le mot apparaît dans une communication le système enregistre toutes les données de l’utilisateur (contenus des e-mails, des tchats, pages internet consultées, comptes bancaires, feuilles d’impôt...). Soit en partant des numéros de téléphone, du moment que le système a un numéro de téléphone, il enregistre toutes les données correspondantes automatiquement. La NSA a donc bien sûr signé des accords avec les plus gros opérateurs de téléphonie tel que AT&T, pour avoir accès à toutes leurs données. Mais Stellar Wind ne veut pas simplement faire du super Echelon. Le but est aussi d’explorer le Deep Net : les pages ou les données sécurisées par mot de passe, certains échanges de fichiers par FTP, les communications cryptées des gouvernements, etc…
(La voix de la République islamique d'Iran, le 10-04-2012)

vendredi 23 décembre 2011

Du matériel israélien destiné à la surveillance d'internet aurait été vendu à l'Iran...


Selon une enquête publiée par l'agence de presse économique Bloomberg, du matériel permettant la collecte de renseignements sur le réseau internet et fabriqué par une société israélienne a été, au cours de plusieurs années, transféré en Iran. L'enquête précise que le matériel avait été fabriqué par la société Allot et a pour fonction de fournir des informations sur les flux d'activité sur les réseaux. Le matériel avait été légalement livré à une société danoise. Celle-ci a systématiquement effacé, sur les emballages et le matériel, toutes traces pouvant révéler sa provenance. Puis le tout avait été ré-expédié à un certain Hussein domicilié en Iran. Selon le rapport, les sociétés israéliennes et danoises ne connaissaient le destinataire que par son prénom. On ne sait pas non plus qui étaient les clients d'Hussein et quelle a été la destination finale du matériel. Mais il est possible qu'il ait servi à réprimer les opposants à certains régimes au Proche-Orient. Le matériel en question permet en effet de stopper des messages SMS et email, et permet de suivre l'activité de certaines personnes sur le réseau internet.
(Kol Israël, le 23-12-2011)

jeudi 22 décembre 2011

Des systèmes d'écoutes de fabrication allemande découverts dans un district kurde de Syrie...


Les Syriens vont de surprise en surprise. Après les mesures hostiles décidées à l'encontre de leur pays par la Turquie, ou encore la Ligue arabe, ils viennent de découvrir, dans les villes frontalières, des appareils d'écoute téléphonique fabriqués en Allemagne. Ces systèmes sont installés sur les collines surplombant la ville frontalière kurdophone de Afrin. Certains éléments de ce système sont conçus pour localiser les communications et d'autres sont dotés de systèmes permettant l'écoute de communications sans fil à une distance de 40 kilomètres. Ces systèmes sont, sans aucun doute, destinés à l'opposition armée qui demande désormais l'intervention militaire de l'OTAN en Syrie.
(La voix de la République islamique d'Iran, le 22-12-2011)

Mort du juge Borrel : des écoutes confirmeraient la thèse de l'assassinat...


L'armée française a été informée de l'assassinat du juge Bernard Borrel, via des écoutes de la police djiboutienne, peu après son décès, selon le témoignage d'un militaire français en poste à Djibouti à l'époque et révélé mercredi par la radio France Culture et consulté par l'AFP.

Magistrat détaché à Djibouti, Bernard Borrel a été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d'un ravin, à 80 km de Djibouti. L'enquête française a privilégié dans un premier temps la thèse du suicide avant de retenir celle d'un assassinat après de nouvelles expertises.

Ce témoignage provient d'un appelé en poste au sein d'une unité chargée des écoutes au sein de l'armée française à Djibouti à l'époque des faits.

"Un jour, j'ai entendu dire au centre qu'un homme avait été immolé par le feu par des personnes du nord du territoire à l'aide de jerricanes d'essence. C'était un Français qui avait été brûlé non loin du Goubet. C'était dans la ville d'Arta", a-t-il déclaré à la juge Sophie Clément en juillet.

Le corps de M. Borrel a été retrouvé près du Goubet.

"On n'était pas censé entendre les écoutes mais on vivait en permanence avec des militaires qui procédaient aux écoutes. C'était vers 11 heures-midi, je ne sais même pas si nous n'étions pas à table. L'information venait de sortir", a ajouté le témoin.

"C'était une information provenant de la surveillance des communications internes de la police djiboutienne", a-t-il précisé.


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vendredi 16 décembre 2011

Un drone américain capturé par l'Iran grâce au hacking de sa sonde GPS...


Entre stupéfaction et raillerie, la réaction occidentale à la capture du drone US par l'Iran n'a cessé de varier depuis une semaine. L'informaticien.com donne sa propre lecture de cet évènement et c'est peut-être le plus près de la réalité : « Un ingénieur iranien déclare que le drone aurait été capturé grâce à un hacking de sa sonde GPS, une faille pourtant connue des militaires américains ».

Le Christian Science Monitor vient de décrocher une belle exclusivité avec l’interview d’un ingénieur iranien en charge de trouver les secrets du drone RQ-170 Sentinel capturé par l’Iran. Cet ingénieur explique que les spécialistes iraniens de guerre électronique ont été capables de couper les communications de l’appareil, puis ont reprogrammé son GPS afin de faire croire à l’appareil qu’il allait se poser en Afghanistan.

« La navigation GPS est le point le plus faible » déclare cet ingénieur qui préfère garder l’anonymat pour des raisons évidentes. Les Iraniens ont utilisé une technique de brouillage de la liaison satellitaire, puis du « GPS spoofing » pour prendre le contrôle de l’appareil en modifiant les coordonnées de longitude et latitude au sein du drone. Ainsi, les Américains n’ont pas vu que l’appareil était hors de contrôle. Cette précision est importante car certains responsables américains s’en sont pris au président américain et aux militaires leur demandant pourquoi ils n’avaient pas détruit l’appareil afin d’éviter qu’il ne tombe aux mains de l’ennemi. Le fait que les pilotes officiels aient été complètement leurrés est une première explication.

L’ingénieur explique que ce piratage a été rendu possible par des techniques de « reverse engineering » effectuées sur des drones plus anciens capturés, photographiés ou abattus durant ces dernières années et en tirant parti de la faiblesse des signaux GPS, facilement manipulables, selon ses dires.

Plusieurs spécialistes interrogés par nos confrères ont confirmé que l’opération était possible et qu’elle était même documentée. « Je ne dirais pas que c’est facile, mais la technologie existe pour le faire » déclare Robert Densmore, un ancien officier américain spécialisé en guerre électronique.

Cette capture du drone US marque une nouvelle escalade dans la tension existant entre les États-Unis et l’Europe, d’une part, et l’Iran, d’autre part. Le Christian Science Monitor fait également référence à une autre affaire passée relativement inaperçue des médias occidentaux et qui est survenue durant l’automne. Elle concerne des déclarations du Général Moharam Gholizadeh, en septembre dernier. Ce spécialiste de la guerre électronique au ministère de l’Air iranien avait fait des déclarations assez fracassantes sur les possibilités iraniennes en matière de détournements de missiles ou de drones au travers du « re-pilotage » d’un GPS. L’interview avait été retirée du journal Fars News et le général, pourtant jeune, est mort le mois dernier d’une crise cardiaque. Plusieurs médias iraniens ont considéré ce décès comme suspect et imaginent que le général aurait pu être une nouvelle victime collatérale de la guerre sourde que se livrent les services secrets des différents pays.

Maîtrise technologique

Les Iraniens affirment qu’ils ont pratiquement percé tous les secrets du drone capturé. Le ministre de la Défense, Leon Panetta, a déclaré que les États-Unis continueraient à envoyer des drones afin de trouver des preuves d’un programme nucléaire militaire. Toutefois, le fait que les drones soient vulnérables devrait certainement compliquer le travail. Si certains commentateurs américains sont sceptiques, voire ironiques, quant à la maîtrise technologique des Iraniens, ils ne constituent pas la majorité. En effet, la plupart des observateurs considèrent désormais que l’Iran est à un niveau technologique très élevé, en témoigne le hack des certificats qui a permis notamment de retrouver les comptes email de 300 000 ressortissants iraniens. Plusieurs spécialistes ont estimé que cette attaque était, à l’instar de Stuxnet, de nature étatique et provenait d’Iran.

Le programme de surveillance et de capture des drones aurait démarré en 2007 et a été rendu public en 2009. Jusqu’à présent les captures et les destructions avaient été réalisées par des moyens conventionnels. L’utilisation de ce « hack » est une nouvelle illustration des avancées considérables réalisées par l’Iran en matière informatique.
(La voix de la République islamique d'Iran, le 16-12-2011)

mardi 13 décembre 2011

Un logiciel utilisé par les drones américain en passe d'être décoder par l'Iran...


Un député iranien a déclaré lundi que l'armée iranienne comptait lancer une rétro-ingénierie sur le drone américain abattu par la défense aérienne iranienne la semaine dernière, a rapporté lundi la chaîne de télévision Press TV. Le vice-président de la commission sur la Sécurité nationale et la Politique étrangère du Majlis, le parlement, Hossein Ebrahimi, a déclaré que compte tenu des capacités scientifiques de son armée, l'Iran dupliquerait le drone américain dans un avenir proche, selon le média. Par ailleurs, un autre député iranien, Parviz Sorouri, a déclaré lundi que l'Iran était en phase finale de décodage du logiciel d'un drone américain et trouverait son mécanisme de fonctionnement dans un avenir proche.
(Radio Chine international, le 13-12-2011)

dimanche 4 décembre 2011

Le renseignement électronique à l'origine du démantèlement d'un réseau de la CIA au Liban et en Iran...


La revue américaine Time et l’institut Hadson ont indiqué que le démantèlement d'un réseau de la CIA au Liban et en Iran, constitue un coup dur pour le service de renseignement américain. À ce propos, un ancien agent de la CIA au Liban, Robert Baer, a déclaré : « L’agence en question n’a pas fait de commentaire pour l’instant, mais j’ai entendu dire que la CIA a reçu un coup dur et qu’elle tente toujours de comprendre ce qui s’est vraiment passé ». Pour Baer, le coup que la CIA a reçu au Liban en mai dernier, était encore plus sérieux que l’incident iranien, et la CIA évalue toujours les dégâts, un processus qui pourrait nécessiter des années. Le rédacteur des questions de renseignement au quotidien Time a souligné que le Hezbollah a réussi à démasquer les agents américains à travers l’analyse des communications, expliquant qu’il s’agit d’une action de renseignement électronique qui utilise un programme informatique capable de fouiller dans des trillions de Gigabits de données de communications téléphoniques, à la recherche d’appels non habituels, comme une série de courts contacts, et à travers l’analyse des rapports GPS liés aux sociétés de communications téléphoniques.
(La voix de la République islamique d'Iran, le 03-12-2011)

vendredi 29 avril 2011

La France accuse un grand retard dans la modernisation des outils d’investigation sur Internet.



Selon nos informations, les forces de police et de gendarmerie ne réalisent
que 500 interceptions par an sur Internet, soit tout juste 10 % de leurs
besoins, contre 35 000 écoutes téléphoniques. Internet reste un refuge pour
les délinquants. Selon nos informations, la France accuse un grand retard
dans la modernisation des outils d'investigation sur Internet. Les
interceptions téléphoniques - « les écoutes » - ont très largement fait
face à l'explosion du nombre de téléphones (... Lire la suite ...)

vendredi 25 mars 2011

Des opérations spéciales américaines interceptées par des amateurs...


En écoutant les messages radio du trafic aérien, un radio amateur néerlandais a mis au jour une opération de guerre psychologique en Libye effectuée par avion des forces spéciales américaines.

Branché sur les fréquences radio, ce radio amateur installé aux Pays-Bas recense les vols civils et militaires et met ensuite ses découvertes sur Twitter.

A l'affût, il écoute sur des fréquences non cryptées les échanges entre avions militaires et centres de contrôle aériens.

Ces messages contiennent des informations sur la position de l'appareil afin notamment d'éviter des collisions avec des avions civils.


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Les avions de transport américains ont diffusé un message à l'attention de la Libye. Radio Japon s'est procuré cet enregistrement diffusé en anglais, en français et en arabe par des avions EC-130J. Le message demande aux navires libyens de rester ancrés dans les ports. Il explique que les troupes fidèles au colonel Kadhafi violent la résolution des Nations unies appelant à la cessation des hostilités en Libye. Il indique que les navires seront immédiatement attaqués et détruits s'ils essaient de quitter leur port d'attache. Les États-Unis avaient déjà diffusé divers messages par avion pendant les offensives aériennes en Afghanistan à partir de 2001 et en Iraq à partir de 2003. Il s'agit, en Libye aussi, d'une tactique psychologique.
(Radio Japon international, le 25-03-2011)

lundi 6 septembre 2010

Le centre écoute israélien d'Ourim dévoilé...




Au nom de la lutte contre le terrorisme, nombre de pays ont déployé des systèmes d’écoute, en dehors de tout contrôle judiciaire. Le réseau Echelon, le plus célèbre d’entre eux, associe notamment les États-Unis et le Royaume-Uni. Ignorée jusqu’ici, la base israélienne d’Ourim est l’une des plus grosses stations d’espionnage du monde.
Par Nicky Hager

A une trentaine de kilomètres de la prison de Beer-Sheva — où les passagers de la « flottille pour Gaza » furent brièvement détenus après l’assaut sanglant du 31 mai dernier —, en direction de la bande de Gaza, se trouve l’installation d’espionnage la plus importante d’Israël. Cette base, jamais dévoilée jusqu’ici, est constituée de lignes d’antennes satellites interceptant en secret appels téléphoniques, courriers électroniques et autres types de communications émis du Proche-Orient, d’Europe, d’Afrique et d’Asie.


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vendredi 30 juillet 2010

Ecouter n'importe quel mobile serait simple comme bonjour


BOSTON (Reuters) - Un consultant en technologie et en sécurité laisse entendre qu'il est relativement facile et peu coûteux d'écouter n'importe quelle conversation sur un téléphone portable, ajoutant que la plupart des opérateurs de réseaux mobiles ne peuvent garantir que les appels ne seront pas interceptés.

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samedi 27 mars 2010

Notre téléphone mobile, un confident rapidement transformable en traître


Aujourd'hui, police, gendarmerie, mais aussi services secrets font un usage de plus en plus important de la surveillance téléphonique. Les demandes d'interception ont bondi de 6 000 en 2001 à 29 000 en 2009. Il suffit d'une requête justifiée auprès du magistrat compétent pour débuter une écoute. Les opérateurs ont alors l'obligation de transférer toutes les communications d'un numéro donné vers les lignes des forces de l'ordre. La mise en place complète prend quelques jours et peut durer jusqu'à quatre mois renouvelables. Contenu des communications vocales et des SMS, heures d'appels, e-mails... Tout ce qui transite par un téléphone mobile (ou fixe) peut être intercepté. Jusqu'à la géolocalisation à 50 mètres près de l'appareil sur le réseau grâce à un procédé de triangulation...

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mardi 23 mars 2010

Comment brouiller le téléphone portable de son voisin...


Les brouilleurs coupent la parole aux portables...

Envie de faire taire ce malotru qui hurle au téléphone dans le train ? De couper le sifflet à votre voisin de restaurant qui décroche en plein repas ? Vous en rêviez, les brouilleurs de téléphone portable le font. Un brouilleur, c'est un appareil qui prive les portables de réseau. Une pression sur le boîtier glissé dans une poche, et le gêneur parle dans le vide.

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vendredi 19 mars 2010

En 2009 à Taïwan, il y a eu 26 000 demandes officielles de mises sur écoutes...


Le Premier ministre, Wu Den-yih, a écouté aujourd’hui le rapport du ministre de la Justice par intérim, Huang Shi-ming, sur les garanties du droit au secret de la correspondance pour les citoyens. Les mises sur écoutes ont ainsi fortement diminué l’année dernière : seules 26 000 demandes de mises sur écoutes ont été formulées, concernant 92 000 lignes téléphoniques, et 87% de ces demandes ont été autorisées. Le directeur général adjoint du bureau gouvernemental de l’Information a expliqué la position du Premier ministre Wu Den-yih en ces termes : « Il estime que la constitution garantit aux citoyens le droit au secret de la correspondance. La mise sur écoute des citoyens par des organisations gouvernementales doit se faire selon les besoins des enquêtes criminelles ou de la sécurité de l'État, et ce, conformément à la loi et au principe de nécessité. Le champ d’application des écoutes doit être le plus réduit possible, pour éviter d’enfreindre les droits de l’homme ». Le Premier ministre a aussi exigé que les écoutes sauvages effectuées par des personnes non autorisées soient réprimées par l’action conjointe des ministères de la Justice et de l’Intérieur.
(Radio Taïwan international, le 18-03-2010)

vendredi 5 mars 2010

SURVEILLANCE DU RESAU IRANIEN : NOKIA EPINGLE PAR UN RAPPORT FINLANDAIS


Les fonctionnalités du système vendu à Téhéran semblent aller plus loin que ce que l'entreprise a jusqu'ici reconnu...

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ECOUTES : LA FACTURE EXPLOSE


Le nombre de mises sur écoute téléphonique, demandées par la Justice et facturées par les opérateurs, explose. La Chancellerie cherche des solutions pour ...

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dimanche 10 janvier 2010

TÉLÉPHONIE MOBILE ET TERRORISME


Quoique l’on puisse en penser, la téléphonie mobile reste un élément important de la lutte contre le terrorisme international. Un suivi un tant soit peu attentif de l’actualité mondiale suffit à le démontrer. C’est le sujet que nous avons choisi de traiter dans ce numéro spécial de Renseignor.

Tout d’abord utilisé pour communiquer en toute discrétion, cet outil s’est rapidement retourné contre ses utilisateurs. En effet, si les services spécialisés ont mis quelques années avant de pouvoir optimiser leurs interceptions, ils ont rattrapé leur retard technologique en développant leurs propres systèmes passifs, ainsi qu’en obligeant les opérateurs à fournir aux autorités nationales les moyens permettant l’écoute de leurs abonnés. La publicité faite par les médias autour du réseau anglo-saxon d’écoute planétaire Echelon a rendu plus prudents les terroristes tels que Oussama Ben Laden et ses proches, qui ont remisé leurs téléphones satellitaires pour retrouver des moyens de communication plus classiques. Une précaution ignorée, semble-t-il, par les FARC, puisque son numéro 2, Raul Reyes, a été victime de son téléphone mobile. En effet, les services américains, après avoir identifié son téléphone lors d’une communication, ont localisé l’appareil et fourni sa position aux Colombiens qui ont déclenché un raid dans lequel le numéro 2 des FARC a perdu la vie.

Si le téléphone n’est plus utilisé pour communiquer, il sert de plus en plus de déclencheur dans le cadre d’attentats à la bombe. Si actionner un détonateur à l’aide d’un GSM nécessitait encore, il y a peu, un minimum de connaissances techniques, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ainsi pour quelques dizaines d’euros, il est possible de se procurer un système muni d’une cellule photoélectrique capable de déclencher n’importe quel appareil électrique simplement en détectant le rétro-éclairage du téléphone qui s’active lors de la réception d’un appel. Il suffit de relier les deux fils de ce dispositif de domotique à un détonateur électrique et la bombe est prête à exploser au premier appel reçu. Que penser dans ce cas de la mise en garde du fabriquant qui prévient que « ce dispositif ne peut pas être utilisé pour le pilotage d’équipements de vie ou pour d’autres applications pouvant endommager des biens ou blesser des personnes »…

Il reste que devant la disparition progressive des cartes SIM anonymes, l’étude des communications des différents réseaux mobiles présents sur un secteur géographique peut permettre aux enquêteurs de remonter jusqu’au téléphone utilisé pour appeler celui relié au détonateur.

L’analyse des communications mobiles quelque temps avant ou pendant une opération particulière - tel qu’un attentat ou un enlèvement - peut fournir des informations cruciales. Toutefois cette technique peut également se retourner contre les services de renseignement eux-mêmes. Ce sont ces éléments qui auraient trahi les 13 agents de la CIA accusés d'avoir enlevé, sur le sol italien, Osama Mustafa Hassan, alias Abou Omar, le 17 février 2003. Les autorités italiennes auraient ainsi pu reconstituer leur itinéraire qui s'est achevé sur une base américaine. Ces dix hommes et trois femmes sont accusés d'avoir fait transférer l'islamiste présumé en Égypte, afin qu'il y soit interrogé.

Pour rendre la tâche plus difficile aux services techniques chargés des interceptions, la communauté somalienne présente en Australie et notamment dans la ville de Melbourne, semble avoir trouvé un échappatoire. Des téléphones vendus sous le manteau entre 500 et 1 000 dollars, sont très prisés par la diaspora. Ces appareils sont presque exclusivement utilisés pour recevoir des messages de propagande et des vidéos représentant des scènes de tortures infligées à des « infidèles », ainsi que des sermons radicaux. Ceux-ci émaneraient directement d’organisations présumées liées à Al-Qaïda. Ces téléphones, qui disposent de cartes SIM anonymes d’opérateurs syriens ou libanais, ne se connectent pas à d’autres réseaux, ce qui rend très difficile leur détection, ainsi que leur interception. De plus il n’existe aucun accord entre l’Australie et le Liban ou la Syrie, permettant aux forces de l’ordre d’obtenir les données téléphoniques telles que la liste des numéros appelés ou appelant. Cela rend encore plus complexe le travail des services de renseignement australiens.

Les taliban, quant à eux, ont trouvé une méthode plus radicale. Ils ont sommé les quatre opérateurs présents en Afghanistan de cesser toute émission nocturne sous peine de voir détruits les différents relais disséminés à travers le pays, ainsi que les bureaux et autres infrastructures leur appartenant. Une menace partiellement mise à exécution début mars dans le sud de l’Afghanistan où deux relais ont ainsi été détruits à l’explosif.

Ce qui peut paraître légitime lorsque l’on parle de lutte contre le terrorisme international devient rapidement une atteinte à la vie privée. Il va sans dire que, outre le fait qu’au milieu des communications interceptées légitimement des innocents peuvent se trouver écoutés, la tentation est grande pour les services de renseignement de nombreux pays de s’affranchir du cadre juridique en généralisant les interceptions téléphoniques. Ainsi plusieurs scandales ont défrayé la chronique : en Grèce en 2004 et 2005, où plusieurs centaines de GSM ont été interceptés illégalement grâce à un logiciel espion implanté chez Vodafone, un des quatre opérateurs du pays ; en Corée du Sud ou encore aux États-Unis.

On l’aura compris, le fait d’utiliser la téléphonie sans fil est loin d’être un garant de confidentialité et peut même devenir dangereux pour sa propre sécurité physique.

25-05-2008

LES LIMITES DES POLITIQUES D'INTERCEPTION SATELLITAIRES FACE AUX NOUVEAUX MODES OPÉRATOIRES TERRORISTES


En pleine guerre ouverte contre le terrorisme international, il est difficile d'évoquer les interceptions sans imaginer immédiatement de grandes paraboles dressées vers le ciel, écoutant les satellites de communications orbitant autour de la terre.

Dans ce contexte, parler de transmissions en ondes courtes au XXIe siècle peu paraître pour le moins désuet. Alors que tout le monde surfe sur Internet, envoie des e-mails aux quatre coins de la planète, le téléphone portable collé à l'oreille, nous serions en droit de croire que les procédés de transmission utilisant les ondes courtes sont devenus obsolètes. D'autant que même les services étatiques d'écoutes ne parlent plus que d'interceptions satellitaires par lesquelles transiteraient la majorité des communications privées, professionnelles ou encore officielles mondiales. D'ailleurs ceux qui ont eu l'occasion d'approcher des installations d'écoutes, en Europe comme aux États-Unis, ont pu observer le changement rapide des antennes qui ne sont plus composées que de paraboles et autres radômes. Un signe qui ne peut tromper un œil averti.

Pourtant certaines informations tendraient à réfuter cette thèse et, plus grave encore, laisseraient supposer que les services chargés des interceptions se seraient fourvoyés en misant sur le « tout satellite ».

La persistance des communications clandestines en ondes courtes (HF)

A titre d'exemple, souvenons-nous du cas de cette analyste américaine de la Defense Intelligence Agency (DIA) américaine arrêtée par le FBI, le 21 septembre 2001. Ana Belen Montes, 44 ans, avait rejoint la DIA en 1985. D'après les enquêteurs, elle fournissait des renseignements aux services cubains depuis 1996. Le résultat de l'enquête menée après son arrestation a montré qu'elle recevait ses instructions grâce à un récepteur radio ondes courtes :

Authorities declined to say what led them to focus on Montes or how they believed she became associated with the Cuban government. They said she communicated with her Cuban handlers via shortwave radios, computer diskettes and pagers, methods employed by a Cuban spy ring based in Florida - known as the Wasp Network - that attempted to infiltrate Cuban exile organizations and U.S. military installations2.

Avant l'ère du satellite, ce type d'émission constituée par la diffusion de groupe de chiffres énumérés par une voix synthétique, a été longtemps une des priorités des services d'écoutes de tous les pays. Il était clairement établi que ces émissions chiffrées étaient destinées aux agents clandestins infiltrés en pays ennemis. D'ailleurs on pouvait fréquemment les entendre dans différentes langues, allant du russe à l'allemand, en passant par le roumain, le bulgare, le tchèque, l'anglais et même le français. Le système permettait ainsi à l'agent infiltré de recevoir, en toute discrétion, directives et autres messages de sa centrale. Durant la Guerre froide ce type de transmission foisonnait. Après 1989 et la chute du mur de Berlin, suivi de peu par celle de l'Union soviétique, ces émissions cessèrent. Les services d'écoutes occidentaux dont l'objectif principal était le monde communiste, durent revoir leurs priorités.

A la même époque, le grand public apprit l'existence du réseau Echelon, capable d'intercepter toutes les communications téléphoniques et autres courriers électroniques. Les réactions de nombreux Etats furent immédiates. Après l'attribution des crédits nécessaires, de nouvelles antennes se déployèrent et se mirent à traquer les satellites, comme le faisaient nos alliés les Américains. Petit à petit les ondes HF, appelées traditionnellement ondes courtes, furent donc délaissées.

Or, de plus en plus fréquemment, des radioamateurs passionnés par ce type de communication, rapportent que les transmissions de chiffres - appelées outre-Atlantique Numbers Stations - reprennent leurs activités. Cela suffit, semble-t-il, à changer les orientations techniques des grands services SIGINT. D'autant qu'une partie du matériel HF a été remisé. Pourtant, le cas Ana Beles Montes démontre une nouvelle fois, que suivre aveuglément l'exemple américain n'est pas forcément un gage de réussite.

Comment Al-Qaeda déjoue les interceptions américaines

La lutte contre le terrorisme est un autre exemple flagrant d'une certaine inadaptation des politiques d'interception actuelle. Non seulement le fait d'avoir tous les téléphones de la planète sur écoute n'a pas permis aux Américains de capturer Oussama Ben Laden3, mais cela a encouragé les terroristes à éviter ce type de transmission au profit de moyens radioélectriques traditionnels (spectre HF), aujourd'hui délaissé par les grands services d'interception.

Un des premiers à l'avoir signalé est Georg Klingenfuss, un ressortissant allemand, spécialiste de l'écoute radio, qui publie régulièrement des recueils de fréquences et autres manuels de codes. Sur son site Internet, il n'hésite pas à indiquer, capture d'écran à l'appui, que les réseaux terroristes tels qu'Al-Qaeda communiquent grâce aux ondes courtes. Il cite pour exemple les nouveaux systèmes de transmission permettant l'acheminement d'e-mails par radio, utilisés par les ONG, notamment le Comité international de la Croix Rouge (CICR). Or, certaines ONG opérant en Afrique et en Asie, se seraient fait dérober plusieurs de ces émetteurs. D'autre part la radio bulgare a fait état, par le passé, d'une information selon laquelle des membres d'Al-Qaeda se seraient procurés, au Japon, du matériel performant de radiocommunication HF.

Un nouvel élément vient corroborer cette théorie. Il a été publié le 2 janvier 2006 par la presse privée algérienne. Il s'agit de la capture d'Abou Billel El-Oulbani, présumé représentant d'Al-Qaeda pour la région Afrique et Maghreb. Lors de son arrestation par les forces de sécurité algériennes, il a été découvert une « station radio UHF ultrasophistiquée » installée dans une maison abandonnée au sommet d'une colline. Celle-ci aurait été utilisée pour communiquer avec les différents réseaux d'Al-Qaeda en Afrique.

Il est important de noter qu'il s'agit d'une station UHF (Ultra High Frequency, ou ultra haute fréquence), c'est-à-dire utilisant des fréquences qui, en fonction de la topographie et des puissances utilisées, offrent une portée dépassant rarement la centaine de kilomètres. Si cette station était bien utilisée pour transmettre sur de plus longues distances cela indiquerait l'utilisation d'un procédé bien connu des radioamateurs. Il s'agit d'un système alliant l'Internet et la radio. Une hypothèse rendue encore plus vraisemblable quand on sait que parmi les objets saisis, figurent 3 ordinateurs portables. Il suffit pour cela de relier ladite radio à un ordinateur équipé d'un logiciel spécifique. De tels programmes existent et sont même gratuits. Développés par des radioamateurs, ils permettent ainsi de communiquer dans le monde entier à travers des réseaux privés reliés à Internet et interconnectés entre eux. Ce système permet de transmettre de deux manières. Soit à partir d'un ordinateur connecté à Internet qui activera un émetteur récepteur implanté n'importe où dans le monde. Soit à l'inverse, grâce à un émetteur-récepteur, il sera possible de se connecter à un ordinateur relié à Internet qui fera transiter la communication à l'autre bout de la planète si besoin est.

Concrètement, Ben Laden pourrait très bien donner ses instructions au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien à partir d'un cybercafé de Jalalabad, sa voix étant retransmise par un émetteur situé sur les hauteurs d'Alger. Et cela avec très peu de moyens et de manière très discrète, puisque la majeure partie des services d'écoutes étatiques, suivant l'exemple américain, a délaissé les traditionnelles écoutes radio, au profit de l'interception satellitaire.

Un procédé particulièrement discret

Ce système de transmission a la particularité d'utiliser différents procédés. Tout d'abord la partie transitant par Internet allie la technologie dite Peer to Peer et la téléphonie IP, rappelant à la fois les techniques utilisées pour le partage des fichiers audios (MP3 et autres) et la téléphonie via Internet. Sachant qu'actuellement les services officiels en sont à la définition des normes d'interception de telles communications et qu'ils ont fixé un délai de 18 mois aux fournisseurs d'accès pour leur fournir la possibilité technique de procéder à des interceptions légales, il ne fait aucun doute que ce procédé offre une grande sécurité pour ses utilisateurs.

La seconde partie utilise les ondes radioélectriques traditionnelles. Bien que les interceptions radios aient considérablement diminué, le risque d'être écouté demeure. Cependant, si l'émission radio sert uniquement à donner des instructions à des activistes déployés sur le terrain, elle peut se faire à partir de stations isolées ne comportant qu'un ordinateur et une radio, un ensemble totalement autonome. D'ailleurs en ce qui concerne la découverte opérée par les forces algériennes, l'installation se trouvait dans une maison abandonnée. On peut facilement imaginer que les terroristes utilisent plusieurs stations relais. Seuls ces émetteurs sont susceptibles d'être détectés par les services d'écoutes, les destinataires pouvant se borner à recevoir leurs instructions sans émettre eux-mêmes. De plus de nouvelles stations radios associées à un ordinateur portable peuvent être facilement et rapidement déployées. Il est donc aisé pour les logisticiens de remplacer une installation découverte par les forces de sécurité et maintenir ainsi une infrastructure de communications à la fois opérationnelle et relativement sûre et discrète.

Ce procédé permet ainsi à tout leader d'Al-Qaeda disposant d'une connexion Internet de s'adresser par radio à des terroristes répartis aux quatre coins du monde. L'individu n'ayant besoin d'aucun matériel spécifique, il peut ainsi être très mobile et déjouer toute surveillance éventuelle. Il sera donc très difficile pour un service spécialisé d'intercepter ses communications

Cette découverte confirme qu'Al-Qaeda utilise des moyens de communications radio traditionnels, des moyens maintenant abandonnés par la plupart des organismes officiels, y compris les services d'écoutes. Preuve en est le dernier mini-scandale des écoutes illégales ordonnées par George Bush dans le cadre de la lutte antiterroriste. Il s'agit presque exclusivement d'écoutes téléphoniques, un procédé qui ne semble plus avoir la faveur des terroristes potentiels. Le fait de délaisser les écoutes radioélectriques classiques au profit de l'interception de satellites a laissé une faille dans laquelle semble s'être engouffré Al-Qaeda.

L'utilisation offensive des interceptions

Cependant ne noircissons pas trop le tableau. Il existe quelques services qui, s'ils sont toujours un peu sourds lorsqu'il est question d'écouter les ondes courtes, ont su utiliser l'interception des téléphones cellulaires ou des communications par sattellites à des fins beaucoup plus offensives que la simple écoute.

Citons pour exemple les services israéliens qui, en 1996, ont éliminé l'artificier du Hamas, Yeyia Ayache, grâce à son GSM. Après avoir mis hors service sa ligne fixe, les Israéliens l'ont forcé à utiliser son portable préalablement piégé. Après avoir identifié sa voix, ils ont déclenché à distance l'explosion de son appareil, le tuant sur le coup.

Les Russes ne sont pas en reste, puisque quelques mois plus tard, ce fut au tour du président indépendantiste tchétchène, Djokhar Doudaev, de subir un sort semblable. Utilisant un téléphone satellitaire, il fut localisé par les services de Moscou qui déclenchèrent aussitôt un raid aérien sur sa position. Il fut tué lors de cette attaque.

Gageons que si la chute de l'Union Soviétique a révolutionné la politique mondiale des interceptions, le 11 septembre 2001 aura un effet similaire. Espérons que ce tragique évènement ouvre un peu plus les yeux des décideurs et les encourage à prendre en compte l'avis des spécialistes confrontés quotidiennement à la réalité du terrain.

Alain Charret
Rédacteur en chef de la lettre électronique Renseignor, chercheur associé au CF2R
Janvier 2006