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lundi 13 février 2012

Israël ne partage plus avec les États-Unis ses renseignements concernant l'Iran...


Newsweek s'appuie sur des sources officielles à Washington et affirme qu'au cours de sa dernière visite aux États-Unis le chef du Mossad, Tamir Pardo, a tenté de vérifier quelles seraient les conséquences d'une attaque israélienne contre les installations nucléaires iraniennes sans le soutien américain. On sait que des divergences de vue existent entre Israël et les États-Unis sur la façon d'aborder la question iranienne, mais il s'avère à présent qu'à Jérusalem l'option d'une attaque israélienne est plus que jamais à l'ordre du jour. En effet, si l'on en croit les médias américains, les responsables israéliens tentent à présent de vérifier quelles pourraient être les conséquences d'une action militaire unilatérale contre l'Iran. Un article publié aujourd'hui par le magazine Newsweek révèle en effet que le chef du Mossad, Tamir Pardo, était il y a quelques semaines aux États-Unis précisément pour obtenir une réponse à cette question. Selon Newsweek l'administration américaine ne partage pas le point de vue israélien selon lequel il faut stopper à n'importe quel prix les efforts iraniens de se doter de l'arme nucléaire. Washington estime au contraire qu'il faut maintenir les sanctions qui ont pour objet de provoquer un effondrement de l'économie iranienne tout en préservant l'économie mondiale et éviter ainsi une crise pétrolière internationale. C'est dans ce contexte que le magazine revient sur la visite aux États-Unis du chef du Mossad, une visite révélée inopinément lors d'un débat au sénat. Aujourd'hui le magazine cite des responsables américains qui ont suivi la visite de Tamir Pardo. Selon ces derniers, le chef du Mossad aurait entre autres tenter d'obtenir des responsables américains des réponses sur le dossier iranien. Quelle est la position des États-Unis sur une éventuelle attaque sur les sites nucléaires iraniens ? Quelle serait la réaction de Washington si Israël lançait tout seul une attaque ? aurait demandé Tamir Pardo à ses interlocuteurs. Et Newsweek de conclure que depuis quelques temps Israël ne partage plus ses informations et ses renseignements avec les États-Unis. Selon le magazine, ce serait la raison pour laquelle le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, serait parvenu à la conclusion qu'Israël pourrait attaquer l'Iran d'ici le mois de juin prochain.
(Kol Israël, le 13-02-2012)

mercredi 4 mai 2011

DES REVOLUTIONS ARABES SPONTANEES ?


Devant le vent de révolution qui secoue le monde arabe, il est difficile de ne pas s'interroger. La question est de décrypter dans quelle mesure cette concomitance des évènements dans différents pays peut être la résultante d'une opération concertée. Ce qu'on est autorisé à penser sachant que des cadres du mouvement du 6 avril, qui a permis de chasser du pouvoir Hosni Moubarak, ont été formés à ce qu'il convient d'appeler « la révolution non violente ». Et il ne s'agirait pas d'un cas isolé. Il se trouve que de nombreux activistes de pays de l'Est, mais également du monde arabe et même d'Amérique du Sud, ont participé à des séminaires organisés en Serbie par CANVAS.


CANVAS : qui se cache derrière cet acronyme ?

CANVAS (Center for Applied Non Violent Action and Strategies1) n'est autre qu'une émanation du mouvement serbe OTPOR.
OTPOR, signifiant « Résistance » en serbe. Il s’agit d’une organisation politique considérée comme un acteur majeur de la chute de Slobodan Milosevic. Son logo est un poing noir fermé sur fond blanc.
Après la chute du régime de Milosevic, OTPOR est devenu le Centre de formation pour l'action non-violente. Des séminaires de formation à la lutte contre la fraude électorale dans les pays de l'Est furent les premières actions internationales de CANVAS.
Le but avoué de CANVAS est d'utiliser le savoir-faire d'OTPOR en matière de mouvements de protestation non violente.
Ainsi on retrouve la trace des « consultants » de CANVAS dans la révolution des roses en Géorgie.
En Ukraine, l'organisation PORA, très active durant la « révolution orange », a envoyé, en avril 2004, 18 de ses membres à Novi Sad, dans le nord de la Serbie, pour y suivre un séminaire. On notera également que peu avant les élections, un membre de CANVAS a été expulsé d'Ukraine.
CANVAS est également en étroite relation avec ZUBR, en Biélorussie, Cette organisation de droits civiques proche des idées occidentales a été créée en 2001 dans le but de renverser le régime d'Alexandre Lugachenko.
En 2002 on retrouve les traces de CANVAS au sein de l'opposition vénézuélienne.
En janvier et février 2011, le logo de CANVAS – qui est resté celui d'OTPOR - est brandi par les étudiants égyptiens du mouvement du 6 avril qui manifestent dans les rues du Caire. Mohamed Adel, ce blogueur égyptien un temps incarcéré pour délit d'opinion, reconnaît avoir effectué un stage auprès de cette organisation durant l'été 2009.


Quid du financement ?

Pour faire fonctionner une telle structure des moyens financiers considérables sont nécessaires.
CANVAS est-il financé par de riches philanthropes ayant pour seul but de construire un monde meilleur et de faire progresser la démocratie ?Si l'on en croit Srdja Popovic, fondateur d'OTPOR et actuel directeur de CANVAS, il ne reçoit que des subventions privées et aucun fonds gouvernementaux.
Il semble en fait qu'il en soit tout autre. Selon certaines sources généralement bien informées, deux organismes américains contribuent largement à son financement. Il s'agit de l'International Republican Institute et Freedom House.

- L'International Republican Institute2 est une organisation politique liée au Parti républicain. Son financement provient en majorité du gouvernement fédéral américain.
À noter qu'au printemps 2000 le colonel à la retraite de l'armée américaine Robert Helvey a été envoyé en Serbie par l'International Republican Institute pour diriger des séminaires sur la non violence au profit des militants d'OTPOR. Des milieux proches des services de renseignement occidentaux vont jusqu'à déclarer qu'en fait l'IRI ne serait rien d'autre qu'une façade de la CIA.

- Freedom House3, dont l'objectif affiché est d'exporter les valeurs américaines, a été dirigée par James Woolsey. Est-il utile de rappeler que ce dernier fut directeur de la CIA de 1993 à 1995 ?
À noter que la blogueuse égyptienne Israa Abdel Fattah, cofondatrice du mouvement du 6 avril, a fait partie d'un groupe d'activistes invité par Freedom House. Elle a pu ainsi participer à un programme destiné à former des « réformateurs politiques et sociaux ». Le tout était financé par l'USAID (United States Agency for International Development). Cette agence américaine a notamment pour but de réduire la pauvreté et de promouvoir la démocratie et la croissance économique.

Dans ces conditions, difficile de ne pas voir là une action, voire une manipulation, américaine, même si elle n'est pas forcément le seul fait de l'administration Obama.
Encore plus étonnant, si la presse occidentale a été très discrète à ce sujet - à de rares exceptions -elle a même passé sous silence le lien entre les évènements en cours dans le monde arabe et CANVAS. Et même les dénonciateurs habituels de la théorie du complot sont restés étonnamment muets...


Alain Charret
Rédacteur en chef de RENSEIGNOR
Mai 2011